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Apprentissage 2025 : pourquoi la baisse de janvier doit alerter les entreprises

Selon les données publiées par la DARES en mars 2025, les entrées en contrat d’apprentissage ont chuté de 14 % en janvier par rapport à janvier 2024. Ce chiffre, aussi brutal qu’inattendu, marque une rupture dans la dynamique positive que connaissait l’apprentissage en France depuis près de cinq ans. Après des années de croissance continue et de records successifs, cette baisse significative interroge tant les acteurs de la formation que les entreprises et les pouvoirs publics. L’apprentissage 2025 commence-t-il sous le signe d’un simple accident de parcours ou d’un tournant structurel ?

Cette analyse s’appuie exclusivement sur les dernières statistiques officielles pour décrypter un phénomène particulièrement préoccupant. D’autant plus inquiétant que ce recul intervient dans un contexte où l’apprentissage était considéré comme l’un des rares succès consensuels des politiques d’insertion des jeunes de ces dernières années. Le contraste est saisissant avec les années précédentes qui avaient vu les entrées en apprentissage progresser continuellement.

La question essentielle qui se pose désormais est de savoir si nous assistons à un simple ralentissement conjoncturel ou à un véritable retournement du marché de l’alternance. Dans les deux cas, ce signal mérite une attention particulière des entreprises, qu’elles soient déjà engagées dans cette voie ou qu’elles envisagent de recourir à ce dispositif pour leurs futurs recrutements.

1. Une baisse nette, documentée et inédite

Les chiffres communiqués par la DARES ne laissent place à aucune ambiguïté : l’apprentissage en 2025 démarre sur une tendance négative marquée. En janvier, seuls 23 400 contrats d’apprentissage ont été signés sur l’ensemble du territoire, représentant une baisse de 14 % par rapport au même mois de l’année précédente. Une chute qui n’avait plus été observée depuis le début de la dynamique positive enclenchée en 2020.

IndicateurJanvier 2025Évolution sur un an
Contrats signés (total)23 400-14,0%
Secteur privé22 916-13,5%
Secteur public492-31,1%
Enseignement secondaire11 243-5,2%
Enseignement supérieur12 165-20,8%

Cette diminution affecte tous les secteurs, mais avec des intensités variables. Le secteur privé, moteur traditionnel de l’apprentissage, enregistre une baisse de 13,5 % des signatures. Plus alarmant encore, le secteur public connaît un véritable effondrement avec -31,1 % de contrats signés en janvier 2025 par rapport à janvier 2024. Cette désaffection du secteur public, qui s’était pourtant récemment converti aux vertus de la formation en alternance, constitue un signal particulièrement préoccupant.

L’analyse par niveau de formation révèle également des disparités significatives. Les formations de l’enseignement secondaire (CAP, Bac Pro) résistent mieux avec une baisse limitée à 5,2 %, tandis que l’enseignement supérieur subit un recul bien plus marqué de 20,8 %. Cette différenciation soulève des questions sur l’attractivité des formations post-bac en apprentissage en ce début d’année 2025.

Ces statistiques apprentissage janvier 2025 sont d’autant plus frappantes qu’elles contrastent fortement avec la tendance des années précédentes. Entre janvier 2023 et janvier 2024, les entrées en apprentissage avaient connu une progression remarquable de 16,5 %. L’année précédente, entre janvier 2022 et janvier 2023, la croissance était déjà au rendez-vous avec +5,1 %.

Il est important de préciser, comme le rappelle la DARES, que ces données sont brutes, c’est-à-dire non corrigées des variations saisonnières. Toutefois, la comparaison étant effectuée avec le même mois des années précédentes, l’effet saisonnier ne peut expliquer l’ampleur de cette baisse. Le glissement annuel confirme donc bien une inflexion significative dans la dynamique de l’apprentissage.

Si l’on examine le volume de contrats signés sur les dernières années, cette rupture apparaît encore plus nettement. Après plusieurs années de croissance ininterrompue du nombre d’apprentis, cette baisse brutale des entrées en janvier 2025 constitue un signal d’alerte indéniable. La question qui se pose désormais est de comprendre les causes profondes de ce phénomène.

2. Quelles causes derrière la chute des signatures ?

La baisse abrupte des contrats d’apprentissage en ce début d’année 2025 semble résulter d’une conjonction de facteurs tant conjoncturels que structurels. L’analyse des données permet d’identifier plusieurs causes probables, dont certaines relèvent directement des évolutions récentes du cadre réglementaire et financier.

Le premier facteur explicatif, et probablement le plus déterminant, est la fin de l’aide exceptionnelle à l’embauche d’apprentis pour les entreprises de plus de 250 salariés, effective depuis janvier 2025. Cette suppression des aides, annoncée dès l’automne 2024 par le ministère du Travail, touche particulièrement les grandes entreprises qui avaient massivement investi le champ de l’apprentissage ces dernières années. Le même phénomène s’observe pour les contrats dans l’enseignement supérieur, qui ne bénéficient plus du même niveau de soutien financier qu’auparavant, y compris pour les entreprises de moins de 250 salariés.

Cette modification du système d’aides à l’apprentissage 2025 a eu un impact immédiat sur les comportements d’embauche. En effet, les données des derniers mois de 2024 suggèrent qu’un certain nombre d’entreprises ont anticipé la signature de contrats avant l’échéance de décembre, provoquant ainsi un transfert de signatures du début 2025 vers la fin 2024. Cette anticipation expliquerait en partie le contraste entre la forte baisse de janvier et la légère hausse du stock global d’apprentis.

Un second facteur, moins évident mais tout aussi important, concerne la « fatigue administrative » des entreprises face à la complexité et aux changements fréquents des dispositifs d’aide. Après plusieurs années de réformes successives de l’apprentissage, les entreprises, notamment les PME, expriment une certaine lassitude face aux évolutions constantes du cadre réglementaire. Cette instabilité contribue à freiner l’engagement de nouveaux acteurs et peut décourager même les entreprises déjà impliquées.

Concernant le secteur public, la chute drastique de 31,1% des contrats d’apprentissage dans le secteur public s’explique en grande partie par les restrictions budgétaires. Les administrations et collectivités, confrontées à des objectifs de maîtrise de la masse salariale, ont réduit significativement leur recours aux contrats PEC (Parcours Emploi Compétences) et autres formes d’alternance au profit de solutions moins onéreuses à court terme.

Du côté de l’enseignement supérieur, la désaffection plus marquée (-20,8%) pourrait également s’expliquer par une moindre attractivité de certaines formations post-bac en alternance. Les étudiants, face à un marché de l’emploi temporairement plus tendu dans certains secteurs, pourraient privilégier des parcours universitaires classiques, perçus comme moins risqués en période d’incertitude économique.

Enfin, il convient de souligner que cette réforme de l’apprentissage, avec la suppression ciblée de certaines aides, correspond à une volonté politique de recentrer le dispositif sur les publics et les niveaux de qualification pour lesquels il était initialement conçu. L’explosion du nombre d’apprentis dans l’enseignement supérieur ces dernières années avait en effet soulevé des questions sur l’efficacité de l’allocation des ressources publiques dédiées à l’insertion professionnelle.

3. Une tendance ou un accident conjoncturel ?

Face à cette baisse significative des entrées en apprentissage en janvier 2025, la question fondamentale est de déterminer s’il s’agit d’un phénomène ponctuel ou d’une tendance plus profonde qui marquerait un tournant dans la dynamique de l’alternance 2025 en France.

Plusieurs éléments invitent à la prudence avant de conclure à un effondrement durable du système d’apprentissage. D’abord, les données historiques montrent que le marché de l’apprentissage a connu une croissance remarquablement stable ces dernières années, avec des progressions annuelles de l’ordre de 2% à 3%, et même des pics plus importants comme entre 2023 et 2024 (+3,4%). Cette solidité structurelle du dispositif laisse penser que les mécanismes fondamentaux qui ont soutenu cette croissance n’ont pas disparu.

Par ailleurs, si l’on considère le nombre total d’apprentis plutôt que les seules entrées mensuelles, la situation apparaît moins alarmante. En effet, fin janvier 2025, la France comptait 1 037 200 personnes en contrat d’apprentissage, soit une hausse de 2,2% par rapport à janvier 2024. Cette croissance du stock d’apprentis, bien que ralentie par rapport aux années précédentes, témoigne d’une certaine résilience du dispositif. En décembre 2024, le pays comptabilisait 1 042 400 apprentis, contre 1 015 500 fin 2023, confirmant la tendance positive sur l’année écoulée.

Cette apparente contradiction entre la baisse brutale des entrées en janvier et la croissance maintenue du volume d’apprentis pourrait s’expliquer par un phénomène d’anticipation des signatures fin 2024, avant la suppression de certaines aides. Dans cette hypothèse, la baisse de janvier serait essentiellement un décrochage ponctuel, résultant d’un déplacement des signatures plutôt que d’une réduction durable.

Néanmoins, la prudence reste de mise dans l’analyse de ces tendances. Janvier est traditionnellement un mois important pour les nouvelles signatures, particulièrement dans certains secteurs ou pour des formations débutant en début d’année civile. Une baisse aussi nette sur ce mois de référence ne peut être négligée et pourrait annoncer une inflexion plus durable de la politique d’alternance si elle se confirmait dans les mois à venir.

L’ampleur de la baisse dans l’enseignement supérieur (-20,8%) est particulièrement significative et pourrait refléter un ajustement structurel après plusieurs années de croissance très forte, possiblement excessive, sur ce segment. Dans ce contexte, il serait plus juste de parler d’une normalisation du marché que d’un effondrement.

Les données de la DARES indiquent également que la répartition entre enseignement secondaire et supérieur reste relativement équilibrée, avec une légère progression pour les deux catégories en termes de stock (+2,1% pour le secondaire et +2,3% pour le supérieur sur un an). Cette stabilité relative du stock global, malgré la baisse des entrées, suggère que le taux de rupture des contrats n’a pas augmenté, ce qui constitue un signe positif pour l’insertion des jeunes dans le marché du travail.

En définitive, s’il est encore trop tôt pour trancher entre accident conjoncturel et inversion de tendance, les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’évolution réelle du marché de l’apprentissage en 2025. Les chiffres de février et mars permettront notamment de déterminer si la baisse de janvier représente un simple contrecoup après une fin d’année 2024 exceptionnellement dynamique, ou si elle marque le début d’un cycle moins favorable pour l’apprentissage en France.

4. Quels risques pour les entreprises et les jeunes ?

La baisse des entrées en contrats d’apprentissage en janvier 2025, si elle devait se confirmer dans les mois à venir, pourrait engendrer plusieurs conséquences préoccupantes, tant pour les entreprises que pour les jeunes en quête d’insertion professionnelle.

Pour les entreprises, le premier risque concerne le renouvellement des compétences. La formation en alternance s’est progressivement imposée comme un levier stratégique de gestion prévisionnelle des emplois, permettant aux organisations d’assurer la transmission des savoir-faire et de préparer la relève dans des métiers parfois sous tension. Une diminution significative du nombre d’apprentis se traduirait mécaniquement par un tarissement de ce vivier de talents formés aux spécificités de l’entreprise. Cette préoccupation est particulièrement aiguë dans certains secteurs techniques et artisanaux, où l’apprentissage constitue la principale voie d’acquisition des compétences métier.

Le second risque pour les entreprises relève de la compétitivité à moyen terme. Les apprentis en France 2025 représentent non seulement une ressource humaine immédiate, mais aussi un investissement dans l’avenir et la capacité d’innovation des organisations. Leur présence permet souvent d’insuffler de nouvelles idées et approches, particulièrement précieuses dans un contexte de transitions technologiques et environnementales qui imposent une adaptation constante. Un désengagement durable des entreprises vis-à-vis de l’alternance pourrait ainsi fragiliser leur capacité à évoluer.

Par ailleurs, pour de nombreuses entreprises qui avaient intégré l’apprentissage dans leur politique RH comme élément de leur responsabilité sociale, ce recul pourrait avoir un impact sur leur image et leur attractivité en tant qu’employeur. L’engagement dans la formation des jeunes est aujourd’hui un marqueur valorisé, tant auprès des clients que des collaborateurs et candidats potentiels.

Du côté des jeunes, les conséquences potentielles sont tout aussi préoccupantes. L’alternance s’est affirmée comme un vecteur efficace d’insertion professionnelle, avec des taux d’employabilité significativement supérieurs aux formations initiales classiques. Une réduction des opportunités d’apprentissage affecterait directement les perspectives d’emploi de milliers de jeunes.

Cette diminution toucherait particulièrement les jeunes les moins qualifiés ou issus de milieux défavorisés, pour qui l’apprentissage représente souvent une voie privilégiée d’accès à la qualification et à l’emploi. Les missions locales, qui accompagnent ces publics fragiles, alertent déjà sur le risque d’un accroissement des inégalités d’accès à la formation et à l’emploi si la politique d’alternance venait à s’essouffler.

À l’échelle nationale, un recul durable de l’apprentissage pourrait compromettre les progrès réalisés ces dernières années en matière d’insertion des jeunes. Alors que le taux de chômage des moins de 25 ans avait connu une amélioration significative, portée en partie par le développement de l’alternance, une inversion de tendance ferait peser le risque d’une nouvelle dégradation de la situation de l’emploi des jeunes.

Enfin, cette situation soulève également des questions sur la cohérence d’ensemble de la politique de l’emploi. L’apprentissage s’était imposé comme l’un des piliers de la stratégie nationale pour l’insertion professionnelle des jeunes, bénéficiant d’un large consensus parmi les acteurs économiques et politiques. Un affaiblissement de ce dispositif nécessiterait de repenser l’articulation avec d’autres mesures pour éviter un décrochage global des politiques d’insertion.

Face à ces risques, la vigilance s’impose tant pour les pouvoirs publics que pour les entreprises. La définition d’une politique d’alternance cohérente et stable apparaît comme une condition essentielle pour préserver les acquis et continuer à faire de l’apprentissage un levier efficace d’insertion professionnelle et de développement des compétences.

5. Quelles marges de manœuvre pour relancer l’apprentissage ?

Face au décrochage observé en janvier 2025, plusieurs leviers d’action peuvent être mobilisés pour redonner un élan à l’apprentissage en France. Ces pistes concernent aussi bien les pouvoirs publics que les entreprises et les acteurs de la formation.

  • Repenser le système d’aides financières : Si la suppression des aides généralisées peut se justifier par un souci d’efficience budgétaire, des aides publiques plus ciblées sur les niveaux CAP, Bac Pro et BTS, particulièrement dans les secteurs en tension, permettraient de concilier maîtrise budgétaire et efficacité sociale.
  • Améliorer l’accompagnement des entreprises : De nombreuses PME/TPE renoncent à l’apprentissage en raison de la complexité administrative perçue. Un dispositif de simplification et d’accompagnement renforcé, par exemple via les chambres consulaires, pourrait lever ces freins.
  • Investir dans les Centres de Formation d’Apprentis : Le développement qualitatif des CFA représente un axe stratégique majeur. L’investissement dans les équipements, les méthodes pédagogiques innovantes et la qualification des formateurs améliorerait l’attractivité des formations.
  • Revaloriser les filières professionnelles : Malgré les progrès réalisés, l’orientation vers l’apprentissage résulte encore trop souvent d’un choix par défaut. Une campagne de revalorisation de ces parcours pourrait modifier durablement les représentations.
  • Mobiliser les branches professionnelles : Les Opérateurs de Compétences (OPCO) pourraient développer des stratégies sectorielles d’apprentissage, identifiant précisément les besoins en compétences et coconstruisant avec les CFA des parcours adaptés.
  • Renforcer le rôle des missions locales : Ces structures, qui connaissent bien les publics éloignés de l’emploi, pourraient jouer un rôle accru dans la préparation et le suivi des jeunes apprentis pour prévenir les ruptures de contrat.

Au niveau des politiques publiques, un premier axe consisterait à repenser le système d’aides financières. Si la suppression des aides généralisées pour l’enseignement supérieur et les grandes entreprises peut se justifier par un souci d’efficience budgétaire, il serait pertinent d’envisager des aides publiques plus ciblées. Un soutien renforcé pour les niveaux CAP, Bac Pro et BTS, particulièrement dans les secteurs en tension ou d’avenir, permettrait de concilier maîtrise budgétaire et efficacité sociale. Cette approche ciblée répondrait également aux critiques sur le financement indifférencié de formations supérieures qui auraient de toute façon trouvé leur public.

L’accompagnement des entreprises constitue un second levier essentiel. De nombreuses PME/TPE renoncent encore à l’apprentissage en raison de la complexité administrative perçue. Un dispositif de simplification et d’accompagnement renforcé, par exemple via les chambres consulaires ou les organisations professionnelles, pourrait lever ces freins. La mise en place d’un « package clé en main » pour les petites structures, incluant aide au recrutement, gestion administrative simplifiée et suivi pédagogique, rendrait l’apprentissage plus accessible à un tissu d’entreprises aujourd’hui en retrait.

Le développement qualitatif des Centres de Formation d’Apprentis (CFA) représente également un axe stratégique majeur. L’investissement dans les équipements, les méthodes pédagogiques innovantes et la qualification des formateurs permettrait d’améliorer l’attractivité des formations et de réduire les taux d’abandon. Une approche territoriale différenciée, tenant compte des spécificités économiques locales, contribuerait à mieux aligner l’offre de formation avec les besoins réels des bassins d’emploi.

La valorisation des filières professionnelles constitue un quatrième levier d’action. Malgré les progrès réalisés, l’orientation vers l’apprentissage résulte encore trop souvent d’un choix par défaut plutôt que d’un projet positif. Une campagne ambitieuse de revalorisation de ces parcours, mettant en avant les réussites et les perspectives de carrière, pourrait modifier durablement les représentations. Cette démarche devrait cibler non seulement les jeunes, mais aussi leurs familles et les acteurs de l’orientation.

La mobilisation des branches professionnelles à travers leurs Opérateurs de Compétences (OPCO) offre également des perspectives intéressantes. Ces structures pourraient développer des stratégies sectorielles d’apprentissage, identifiant précisément les besoins en compétences et coconstruisant avec les CFA des parcours adaptés. Cette approche permettrait de mieux anticiper les évolutions des métiers et d’adapter l’offre de formation en contrat d’apprentissage post-bac aux besoins réels des entreprises.

Enfin, le renforcement du rôle des missions locales dans l’accompagnement vers l’apprentissage 2025 représente un levier souvent sous-estimé. Ces structures, qui connaissent bien les publics les plus éloignés de l’emploi, pourraient jouer un rôle accru dans la préparation et le suivi des jeunes apprentis, notamment pour prévenir les ruptures de contrat. Un partenariat renforcé entre missions locales, CFA et entreprises permettrait d’augmenter significativement les chances de réussite des parcours d’apprentissage.

Cette combinaison de mesures, articulant réformes structurelles et actions conjoncturelles, pourrait non seulement enrayer la baisse observée, mais aussi instaurer les conditions d’un développement plus soutenable et équilibré de l’apprentissage. L’enjeu est d’autant plus important que l’alternance s’est imposée comme l’un des instruments les plus efficaces des politiques d’insertion professionnelle des jeunes.

Conclusion

La baisse significative des entrées en apprentissage en janvier 2025 constitue indéniablement un signal d’alerte dont les acteurs économiques et institutionnels doivent se saisir. Avec une chute de 14% des signatures de contrats, l’apprentissage 2025 démarre sur une note préoccupante qui tranche nettement avec la dynamique positive des années précédentes.

L’analyse des données révèle une situation contrastée : si le stock global d’apprentis continue de progresser légèrement (+2,2%), la forte baisse des nouvelles entrées, particulièrement marquée dans l’enseignement supérieur (-20,8%) et le secteur public (-31,1%), suggère qu’un palier a été atteint, voire qu’un tournant s’amorce. Cette évolution résulte probablement d’une combinaison de facteurs conjoncturels, comme l’anticipation des signatures fin 2024, et structurels, notamment la suppression des aides pour certaines catégories d’employeurs et de formations.

Face à cette situation, une approche équilibrée s’impose. Il serait prématuré de conclure à un effondrement durable du système d’apprentissage, qui a démontré sa résilience et son efficacité ces dernières années. Toutefois, ignorer ce signal ou le considérer comme un simple accident de parcours comporterait également des risques. Les prochains mois seront déterminants pour confirmer ou infirmer cette tendance baissière.

Les enjeux sont considérables, tant pour les entreprises, qui pourraient voir se tarir une source essentielle de renouvellement des compétences, que pour les jeunes, pour qui l’alternance constitue un vecteur privilégié d’insertion professionnelle. Dans ce contexte, un pilotage fin de la politique de l’emploi devient impératif, combinant réformes structurelles et ajustements ciblés.

La surveillance attentive des indicateurs de février et mars 2025 sera cruciale pour déterminer la nature exacte de ce phénomène et calibrer les réponses appropriées. Cette vigilance collective permettra de préserver l’un des acquis majeurs des politiques d’insertion des jeunes de ces dernières années, tout en l’adaptant aux évolutions du marché du travail et aux contraintes budgétaires actuelles.

Source : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/donnees/poem-tableau-de-bord-des-politiques-de-lemploi